Nous vivons un début de siècle qui s’affole, entre des prédictions de désastres et des entités dites humaines, pourtant sans conscience, qui jouent avec les vies des peuples du présent et du futur. La France entre en transe pour l’année électorale, les entreprises communiquent avec force sur tout ce qui est contre les désastres, et divers courants se croisent en portant les senteurs artificielles de discours décalés et démagogiques. Attention : tous les « bios » et tous les écolos qui se disent éthiques ne sont pas authentiques.

J’avais bien remarqué quelques indices bizarres, en visitant des pages web entre autres, et aussi en remarquant certaines enseignes lors des expéditions que je fais en ville pour quelques démarches ou des approvisionnements occasionnels. Ces observations fugaces sont depuis quelques jours mises en lumière par les dires d’une lettre d’information que j’ai reçue de la part de Kokopelli, l’association loi 1901 connue qui oeuvre et milite pour la sauvegarde des variétés végétales anciennes, c’est à dire les légumes issus de variétés ayant disparu du catalogue officiel depuis plus ou moins longtemps. (Notez que la vente des légumes issus de ces cultures n’est pas autorisée). Voici quelques passages de cette lettre d’information:

Mettez du sang dans votre moteur! La tragédie des nécro-carburants

Campagnes d’intoxication Au Salon de l’Agriculture 2007, une partie du hall 2 s’était transformée en salon de l’automobile! Ils étaient tous là, Peugeot, Ford, Renault, etc. Avec des grosses planètes qui pendaient du plafond et des petites fleurs peintes sur les portières des voitures. Emouvant: ils clament haut et fort qu’ils vont sauver la planète avec l’éthanol et les huiles de colza!

Les grands slogans sont lancés: biodiesels, biocarburants, or vert, carburants verts, « le carburant qui voit la vie en vert »… L’édition spéciale Ford des Cahiers de l’Automobile titre « Bio-Carburants », Bio faisant 7 cm de hauteur et carburants faisant 1,5 cm de hauteur: les grands pièges de la sémantique pour endormir le peuple. Le même magazine en page 7 titre « le bio en 40 questions ». Quel « bio »? Est ce une nouvelle abréviation pour « biocarburant »? Plus l’intoxication est grosse, mieux elle passe! Pourquoi se gêner?

Les 40 questions sus-dites concernent les agro-carburants et nous apprenons que l’éthanol ne se boit pas (aucun risque d’accroître l’alcoolisme dans ce pays!), que l’utilisation des pesticides baisse depuis 10 ans (témoin l’accélération du nombre de cancers!) et que la baguette de pain ne va pas augmenter! Il est vrai que si la baguette augmentait de 100 % comme la tortilla au Mexique, les Français tortilleraient du nez. Il ne faut mieux pas toucher à la baguette!

et encore ces quelques mots, tellement consternants !

L’attribution du terme « bio » pour les nécro-carburants gagne en tout cas du terrain rapidement. Cela nous rappelle le syndrome des yoghourts de chez Danone. On trouve sur internet des publicités pour Volvo « Volvo fera du sport bio » ou pour Ford « Ford et Europcar roulent pour le bio! » ou pour Saab « 300 chevaux écologiques ». Certaines voitures roulant au carburant végétal ont même la mention « bio » peinte sur la carrosserie.

Justement le site de la mission d’animation des agrobiosciences, a relayé des informations relatives aux 4×4 qui roulent avec ce qui devrait être la nourriture de beaucoup dans certains pays d’amérique du sud:

L’exemple vient du Mexique, où le maïs, base de l’alimentation nationale, voit son prix augmenter de… 85%en un an seulement sur le marché mondial en raison des usages énergétiques !

Cet exemple, venant d’un site, agrobiosciences.org, connu pour son rôle d’animation des débats de société, et plutôt impartial, recoupe clairement les informations abondamment fournies par les membres de l’association Kokopelli.

J’ai remarqué depuis plusieurs semaines de visites de sites web et de lieux réels aussi, disais-je une nette propension à employer des termes jusqu’ici utilisés par un petit nombre de militants minoritaires, des précurseurs horrifiés par les perspectives de pollutions généralisées, de mise à profit des peuples, de risques accrus pour la santé et pour les libertés, que la civilisation à l’occidentale ont fait naître.

Je pense à Pierre Rabhi, tant aimé d’un certain public qui lutte dans la décroissance, et qui a dans les liens de son site ⁽*⁾ «Épargne en conscience», une société de capital risque. Il existe une société de capital risque pouvant prétendre à des placements éthiques, à ma connaissance, c’est la SA Garrigue, née de la première CIGALE, lorsque celle-ci s’est arrêtée pour respecter les statuts prévus dans l’association : après deux fois cinq ans au plus, l’association serait dissoute.

Je ne voudrais pas affirmer sans preuve que ces placements ne sont pas « éthiques », je pense seulement que ce tableau ⁽**⁾ du site de la société de capital risque Épargne en Conscience (fonds éthiques et fonds solidaires pour placements financiers) présente trop d’investisseurs institutionnels tous supposément alternatifs et éthiques, pour être crédible.

Notez aussi les superbes tonalités pour ce violet et ce vert très doux dans le tableau des placements…

Je souhaite en dire beaucoup, en pointant vers ces quelques liens, tout en restant dans un esprit de présence vigilante et d’ouverture, pour inviter à faire mieux.

 

⁽*⁾ Mise à jour Janvier 2015, le site  www.mouvement-th.org de Pierre Rabhi a disparu et a été remplacé par un ‘site parking’.

⁽**⁾ Mise à jour Janvier 2015, le tableau change souvent de page et ou d’apparence