Article Dominique GUILLET

Les États les OGM et ceux qui les font

Mise à jour : liens morts signalés dans l’article et supprimés le 24.04.2020

J’ai eu l’occasion de découvrir le contenu d’une émission, diffusée par Arte, celle où Marie-Madeleine Robin relate ses trois années d’enquête sur Monsanto, Le monde selon Monsanto.

Émission Arte Monsanto
Émission Arte Monsanto

 

Ce film révèle avec quelle audace les dirigeants de la multinationale mentent continuellement depuis des décennies, au sujet des propriétés des produits qu’ils fabriquent et commercialisent dans le monde, et tout un ensemble de stratégies agressives pour un objectif unique, celui de conquérir les marchés mondiaux à tout prix, quel qu’en soit le prix.

Extrait du lien ci-dessus:

Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises “les plus controversées de l’ère industrielle”.

“Nourriture, santé, espoir” : sur son site, la firme de Saint-Louis promet une agriculture durable, aux rendements supérieurs, respectueuse de l’environnement. Journaliste d’investigation chevronnée, couronnée du Prix Albert-Londres en 1995, la réalisatrice a décidé de juger sur pièce, y compris en explorant le passé de l’entreprise. Sa première étape la mène à Anniston, en Alabama, où 40 % de la population, majoritairement noire, souffre de cancer. En 2002, Monsanto a été condamnée par la justice à lui verser 700 millions de dollars pour avoir dissimulé pendant des décennies la dangerosité des PCB…

Cobayes

Implacablement, d’Anniston jusqu’au Paraguay en passant par l’Inde, la Grande-Bretagne ou le Mexique, Marie-Monique Robin collecte des faits aussi alarmants qu’irréfutables et démonte point par point le discours de Monsanto. Elle démontre que, dans le dossier des OGM, les réglementations américaine et européenne ont été directement influencées, sans validation scientifique valable, par des alliés de la firme placés à des postes-clé au sein d’une administration tout sauf indépendante. Elle expose les stupéfiantes méthodes utilisées par la multinationale pour discréditer ses adversaires, mais aussi intimider les agriculteurs à domicile.

Elle laisse entrevoir enfin la catastrophe en germe dans les visées hégémoniques de Monsanto sur les semences du monde, dont les paysans indiens ou paraguayens subissent aujourd’hui les conséquences.

Combat Monsanto

Un site internet et un blog sont nés à la suite de la publication de ce reportage, www.combat-monsanto.org, un collectif d’associations constitués sous la forme d’un GIC (groupement d’intérêt citoyen).

Le monde des semenciers compte actuellement quatre multinationales très connues qui développent des semences OGM, et qui se sont dotées d’un organisme fédérateur, Croplife International qui présente aussi ainsi quatre autres entreprises appartenant à ce groupement. Toutes revendiquent l’appellation d’entreprises travaillant pour une agriculture durable.

Extrait page d’accueil du site Croplife International:

Working together for sustainable agriculture

CropLife International is a global federation representing the plant science industry and a network of regional and national associations in 91 countries. Our company members include BASF, Bayer CropScience, Dow Agrosciences, Dupont, FMC, Monsanto, Sumitomo and Syngenta. These companies are committed to sustainable agriculture through innovative research and technology in the areas of crop protection, non-agricultural pest control, seeds and plant biotechnology.(…)

Selon le site (lien mort supprimé) planetecologie.org, dans son Dictionnaire Des Sigles, Des Mots Clés

ORGANISMES GENETIQUEMENT MODIFIES

Entre 1991 et 1994, on a enregistré dans l’UE près de 300 notifications de dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés dans l’environnement.

Yonne-lautre.fr

Selon l’yonne.lautre.net qui publie quelques articles sur les OGM dans le monde, divers articles du www.blauen-institut.ch, hns-info, liberation.fr, convergent avec des articles rapportant l’échec des semences transgéniques dans de nombreux pays : France, Allemagne, Argentine, Irak, Brésil, Indes, Canada, Bénin… Interdictions, arrachages, contaminations, procès, une lutte permanente engage les nations contre la multinationale.

Source blauen-institute.ch:

Gentech-news 174

1. Suède : les semences OGM restées au sol peuvent germer pendant 10 ans

Il y a 10 ans, du colza transgénique avait été semé dans un champ expérimental. Depuis, tous les ans, des chercheurs avaient régulièrement arrosé le champ de poison, procédé à son déchaumage et arraché chaque plant de colza ayant survécu. A leur grand étonnement, 10 ans après l’ensemencement, ils trouvèrent encore des plants de colza OGM dans ce champ. Ce qui signifie : les semences de colza transgéniques peuvent encore germer dans le sol pendant 10 ans – il semblerait qu’il soit impossible de libérer les champs de leur présence. (Nature, 2.4.08)

2. Inde : la contestation contre l’agrotechnique croît

L’Etat indien oriental d’Orissa interdit les plantes transgéniques sur son territoire. Dans celui de l’Andhra Pradesh, les dirigeants de l’ensemble des grandes organisations paysannes exigent que leur état devienne hors OGM. De grosses manifestations anti-OGM se sont déroulées dans huit autres districts. (The Statesman, 8.4.08)

3. La Roumanie interdit le maïs OGM de Monsanto

La Roumanie interdit la culture du maïs OGM MON 810, ceci en dépit du fait que l’UE lui ait donné le feu vert. Au préalable, la France, la Hongrie, l’Italie, l’Autriche, la Grèce et la Pologne avaient interdit la culture du MON 810. (GI, 27.3.08)

Pour ce qui concerne la culture des OGM en France, nous en sommes à peu près là : selon www.notre-planete.info, (lire aussi leurs autres articles sur les OGM).

les 14/01/2008 et 16/02/2008,

La France décide finalement de suspendre la culture d’OGM

Suite au Grenelle de l’Environnement, un moratoire sur la culture d’Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) en France avait été pressenti. Cependant, un premier projet de loi abandonné récemment avait mobilisé les anti-OGM. Finalement, le gouvernement a choisi de déposer une clause de sauvegarde pour suspendre la production de maïs transgénique Mon 810 sur le territoire. (…)

Maïs Mon 810 : des effets négatifs controversés

Depuis, (lien mort supprimé) le comité de préfiguration d’une Haute Autorité sur les OGM a présenté mercredi 9 janvier 2008 ses (lien mort supprimé) conclusions sur le maïs Mon 810, seul OGM actuellement cultivé en France depuis son autorisation de 1998. Verdict : « un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs pour la flore et la faune » selon le MEDAD. Dans l’avis, le comité présente des interrogations quant aux conséquences “environnementales, sanitaires et économiques possibles de la culture et de la commercialisation du maïs transgénique Mon 810”.
(…)

Dépôt d’une clause de sauvegarde sur la culture du maïs Mon 810

(…)
Déjà six pays européens ont choisi d’activer « la clause de sauvegarde » sur les OGM. Prévu dans une loi européenne de 2001, ce mécanisme permet à un gouvernement d’invoquer un risque pour la santé et l’environnement afin d’interdire à ses agriculteurs de cultiver un organisme génétiquement modifié ou aux distributeurs de le vendre. Pour pouvoir l’invoquer, un pays doit présenter un dossier et mettre en avant des risques nouveaux.

Un nouveau texte de loi préparé depuis déjà des mois tel le projet (lien mort supprimé) présenté en Février 2006 auprès du Conseil des ministres, menaçait de faciliter la dissémination des OGM dans les champs, puisque ceux-ci ont la faculté de transmettre leur caractéristique aux plantes naturelles, l’approbation de ce texte de loi serait très dommageable.

Le projet de loi devra être présenté à nouveau avec des modifications, car pour l’instant, selon diverses sources, il a tout simplement été rejeté, de peu il est vrai, mais il est refusé.

Loi OGM discussion au Sénat

Les internautes les plus courageux voudront sans doute lire le dossier législatif complet, sur le site du Sénat.

L’analyse de Pascal Farcy chez Univers-nature © est la suivante :

Univers-nature

(13-05-2008) OGM : l’Assemblée Nationale bloque le projet de loi

L’examen du projet de loi OGM, vient de donner lieu à un nouveau rebondissement pour le moins inattendu, à savoir l’adoption d’une motion de procédure à une voix près (136 contre 135), qui entraîne la fin de l’examen du texte. En effet, une bonne mobilisation de l’opposition, face à une majorité plus clairsemée, a permis l’adoption d’une motion de procédure présentée par le député communiste André Chassaigne, entraînant de fait la fin de l’examen du texte.

Face à ce blocage, le premier ministre François Fillon a convoqué la Commission mixte paritaire (CMP). Composée de 7 députés et de 7 sénateurs, la CMP doit permettre de déboucher sur un texte de compromis concernant tous les articles qui restent en discussion. Les 14 élus peuvent ainsi décider de retenir la rédaction précédemment adoptée par l’une ou l’autre des assemblées ou bien choisir d’élaborer, pour certains articles, une rédaction nouvelle pour sortir de l’ornière…

A ce stade 2 solutions sont alors possibles. Si la commission mixte paritaire a abouti à un compromis, le gouvernement peut le soumettre à l’approbation des assemblées ou, dans le cas où la rédaction ne lui convient pas, reprendre les débats où ils ont été interrompus…

Dans ce cas, cette lecture verra la présentation des seuls amendements acceptés et/ou déposés par le gouvernement et qui font encore débat. Dans le cas des débats actuels, cela signifie que les 56 amendements déposés par l’opposition ne seraient pas débattus, au profit de l’amendement adopté par le Sénat sur la définition du terme “sans OGM”.

Par contre, en l’absence de consensus, tant au niveau de la commission mixte paritaire que du refus du texte de compromis par une des assemblées, le dernier mot revient aux députés de l’Assemblée Nationale. Il est alors procédé à une nouvelle lecture par ces derniers, puis intervient un passage devant les sénateurs. Si ceux-ci le votent sans modification, le texte de loi est définitivement adopté, dans le cas contraire il est transmis à l’Assemblée en vue de la lecture définitive.

 

Ajout du 15 Mai 2008 : la commission paritaire mixte a rétabli le projet de loi hier. On peut lire la nouvelle un petit peu partout sur internet, comme dans cet article du (lien mort supprimé) tempsreel.nouvelobs.com :

OGM: le texte rejeté a été rétabli, la gauche crie au “coup de force” de l’UMP
AFP | 14.05.2008 | 21:34
Le rétablissement du projet de loi sur les OGM, mercredi par une commission mixte paritaire (CMP), a été qualifié de

Le rétablissement du projet de loi sur les OGM, mercredi par une commission mixte paritaire (CMP), a été qualifié de “coup de force politique” par la gauche tandis que la droite y a vu une solution rapide et légitime à un “accident de parcours”. (…)

Qu’est-ce qu’un légume ou un animal de boucherie sans OGM ?

Vous pensiez sûrement connaître la réponse jusqu’il y a peu, mais une mauvaise surprise vous attend si vous n’avez pas suivi l’actualité agricole européenne. Non seulement les aliments n’ont pas besoin de comporter une mention relative à la présence d’OGM si le seuil de 0.9%, soit 9 kilos par tonne, n’est pas atteint, mais en plus un règlement voté au mois de Juillet 2007 par l’ensemble des Ministères de l’Agriculture des 27 pays membres de l’Union Européenne permettra que ce règlement soit étendu aux produits portant la mention Agriculture Biologique. Source(lien mort supprimé) www.campagnesetenvironnement.fr :

D.C. ; Référence environnement (14/06/2007)

Il est également convenu qu’un produit fini devra contenir au moins 95 % (en masse) d’ingrédients biologiques pour bénéficier de cette appellation, au lieu de 70 % précédemment, et il pourra contenir des traces accidentelles d’OGM avec une tolérance de 0,9 % au maximum.

Devant cette catastrophe la FNAB, Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique réagit en annonçant la création d’une nouvelle marque pour l’agriculture biologique en France.

Christophe Brunella de www.novetic.fr publiait le 21/09/2007 (lien mort supprimé) L’agriculture biologique en pleine mutation

Et Juliette Leroux de rappeler que même avec une nouvelle réglementation, “les agriculteurs ne vont pas changer leurs pratiques du jour au lendemain et jusqu’ici le renforcement de la crédibilité du bio tient à la rigueur des professionnels du secteur.” Car si cela s’avérait nécessaire pour garantir un niveau d’exigence de l’agriculture biologique française auprès du consommateur, la FNAB serait prête à mettre en place une marque privée, aux côtés du logo AB, propriété du ministère de l’Agriculture.(…)

// En attendant les consommateurs sont les otages des décisions politiques concernant le mode alimentaire qui sera le leur : à chaque fois qu’une étiquette portera la mention Garanti sans OGM, vous pourrez ajouter pour vous-même : «selon le règlement européen et son seuil de tolérance à 0.9%». Brr ! Sinistre !

Des mobilisations anti-ogm le 13 Mai

De nombreux appels avaient été lancés depuis le début du mois de mai en prévision de la présentation du texte à l’Assemblée Nationale, une mobilisation pour le droit et la liberté de produire et de consommer sans OGM.

Des informations, des actions et des appels chez Greenpeace

L’organisation de défense de l’environnement Greenpeace s’est félicitée mardi du vote de la motion de procédure contre le projet de loi sur les OGM à l’Assemblée nationale (…)

Campagne anti ogm Greenpeace

Le 21 décembre 2007 Greenpeace nous dit:

Projet de loi OGM : A vous d’agir !

Ecrivez à votre député et à vos sénateurs pour leur demander de voter une loi qui comporte les points suivants :

  • l’agriculture et l’alimentation sans OGM doivent correspondre à une absence réelle d’OGM;
  • tous les opérateurs de la filière OGM doivent être responsables des contaminations sur tous les préjudices directs ou indirects, immédiats ou différés, même si la contamination ne vient pas d’un champ voisin et plus globalement même si l’origine de la contamination ne peut être identifiée avec certitude;
  • l’information et la participation du public et des collectivités territoriales doivent être garanties;
  • l’évaluation des OGM doit être indépendante, transparente et pluridisciplinaire.

Des messages et des actions chez MDRGF, Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures

Générations futures

(jeudi 14 février 2008) OGM et pesticides

Nouveau rapport : Les OGM augmentent l’usage des pesticides et ne réduisent pas la pauvreté
Un nouveau rapport des Amis de la Terre Europe révèle que les OGM ont conduit à une hausse massive de l’usage des pesticides et n’ont pas réussi à augmenter les rendements ou à vaincre la faim et la pauvreté dans le monde [1]. Ce rapport coïncide avec la sortie annuelle des données de l’industrie des biotechnologies sur les cultures OGM à travers le monde [2].

Et au détour du web, un article chez (lien mort supprimé) lexpress.fr attire mon attention. Le jour même de la présentation de la motion de censure rejetant le texte sur les OGM, le 13 Mai précisément, cet article sur les ruses des pro ogm, nommés ici par une double négation : les ANTI ANTI OGM:

(mardi 13 mai 2008) Environnement
Sur le Web, les anti-anti-OGM polluent le débat
Eric Lecluyse, avec Gaël Vaillant
Ils dénigrent les militants anti-OGM, ne voient pas pourquoi les pesticides sont tant décriés et en viennent même à douter du réchauffement climatique. Sur le Web, ils tirent à vue sur tout ce qui est trop vert à leur goût. Mais les motivations de ces internautes, plus actifs que jamais au moment où est votée la loi sur les OGM, ne sont pas des plus limpides…

(…)

Beaucoup parmi vous vous demandez si on peut «revenir en arrière», et même «refuser le progrès»

Eh bien je me permettrais d’affirmer que le progrès n’est ni dans les poisons ni dans les cornues des apprentis-sorciers. Par exemple, un conférence donnée par Christian Velot, chercheur au CNRS, où il explique les OGM, ceux qui sont faits pour la production agricole, et ceux qui sont faits pour la fabrication de médicaments, nous démontre que ces derniers, utilisés en milieu confiné, n’existent pas dans le médicament final, contrairement à ceux employés dans les semences agricoles.

Les OGM c’est quoi ?

Pressions sur les scientifiques

Hélas, tout comme un certain nombre de scientifiques cités dans le reportage de Marie-Monique Robin, Christian Velot et l’équipe des chercheurs qui travaille avec lui au CNRS, Centre National de Recherches Scientifiques, ont subi de gros désagréments dans leur milieu professionnel. Selon Eliane Patriarca de (lien mort supprimé) liberation.fr

(vendredi 19 octobre 2007) OGM: un chercheur sanctionné pour son esprit critique
Maïs transgénique. (Reuters)
Chercheur en génétique à l’Institut d’Orsay, Christian Vélot, connu pour ses avis critiques sur les cultures transgéniques, se dit victime de pressions de sa direction, allant jusqu’à l’éviction de son équipe.(…)

Il estime subir, depuis 2006, des pressions de la pert de la direction de l’Institut d’Orsay, depuis la confiscation de crédits jusqu’à l’annonce, fin septembre, de l’exclusion de son équipe en 2010.

«Nous sommes virés de façon arbitraire, indépendamment de toute évaluation scientifique et sans aucune consultation du conseil scientifique et du conseil d’institut», déplore le chercheur. Christian Vélot attribue ces décisions à ses prises de positions personnelles sur les OGM.

(…)

«En tant que biologiste moléculaire, je suis un utilisateur de la technique OGM, qui est d’abord un outil au service de la recherche. Pour nous, les OGM sont comme des éprouvettes qui contribuent à la compréhension des processus biologiques. Parallèlement je donne des conférences parce que je considère que cela relève de notre devoir d’informer les citoyens de ce qui se passe dans les labos, afin qu’ils puissent participer aux débats sur des nouvelles technologies qui sont aussi des choix de société comme les nanotechnologies, ou les OGM.»

Des conférences pédagogiques mais pas neutres, car Christian Vélot ne croit pas qu’un chercheur doive ou puisse l’être.

Il y explique notamment que l’introduction des OGM dans l’agroalimentaire soulève de nouvelles questions sanitaires ou environnementales et que cette technique n’a rien de chirurgical mais est totalement aléatoire. Il a été cité par la défense au procès de faucheurs volontaires d’OGM.
(…)

S’il prend le risque aujourd’hui de médiatiser ses déboires, c’est parce qu’ «il faut que tout le monde sache ce qui arrive aux chercheurs qui osent parler des risques potentiels qu’induisent de nouvelles technologies. Au Grenelle de l’environnement, on a évoqué la nécessité de l’indépendance de l’expertise scientifique. Quitte à le payer de ma carrière, au moins que cela serve à faire avancer la liberté d’expression des chercheurs et la protection juridique du statut des “lanceurs d’alerte”».

(…)

Beaucoup parmi vous vous demandez si on peut «revenir en arrière», et même «refuser le progrès»

Est-ce que l’on pourrait se passer d’utiliser les fertilisants, désherbants, et insecticides fournis depuis plus d’un demi-siècle pour assurer l’approvisionnement des marchés dans nos pays occidentaux ? (Je n’ose pas dire civilisés, même avec des guillemets…)

Eh bien selon Claude Bourguignon, microbiologiste spécialiste des sols, il est en fait urgent de s’en passer, car les sols sont malades ! En effet, les sols sont des organismes vivants. Voici une page contenant des explications et une vidéo : Alerte !!! La Terre est malade !!!!

Mais comment allons-nous faire «pour nourrir tout le monde ?».

Beaucoup parmi vous vous demandez si on peut «revenir en arrière», et même «refuser le progrès»

Eh bien au vu de l’article suivant, j’espère que vous commencerez à penser que d’autres moyens sont possibles pour nourrir tout le monde sur Terre, et oui : sans engrais de synthèses ni pesticides, ni OGM…

Selon Brian Halweil, dans l’article traduit de World Watch pour www.delaplanete.org (lien mort supprimé) L’agriculture biologique peut-elle nous nourrir tous ?

Selon toute vraisemblance, la réponse est oui, voyez vous-même:

Les seules personnes qui pensent que l’agriculture biologique peut nourrir le monde sont des hippies à l’imagination délirante, des mères hystériques et des agriculteurs biologiques arrogants. Vrai ?

En réalité, non. Un bon nombre de dirigeants de l’industrie agricole, de scientifiques spécialisés dans l’environnement et dans l’agriculture et d’experts agricoles internationaux pensent qu’une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique permettrait non seulement d’augmenter l’approvisionnement alimentaire mondial mais serait peut-être même la seule manière d’éradiquer la famine.

(…)

Haute technologie, faibles impacts

De nombreuses études menées de par le monde montrent en réalité que les fermes biologiques peuvent produire autant, et dans certains cas beaucoup plus que les fermes conventionnelles. Quand il y a des différences de rendement, elles ont tendance à être plus importantes dans les pays industrialisés, où les agriculteurs utilisent de grandes quantités d’engrais synthétiques et de pesticides dans leurs incessantes tentatives d’augmenter la production. Il est vrai que les agriculteurs qui se dirigent vers une production biologique ont souvent un rendement moins élevé les premières années, le temps que le sol et la biodiversité alentour récupèrent après des années d’assauts chimiques. Plusieurs saisons peuvent être également nécessaires pour qu’un agriculteur affine cette nouvelle approche.

Le vieil argument selon lequel le rendement de l’agriculture biologique représente un tiers ou la moitié du rendement de l’agriculture traditionnelle est basé sur des hypothèses biaisées et un manque d’information. Par exemple, la statistique souvent citée selon laquelle une transition vers l’agriculture biologique aux Etats-Unis ne permettrait de produire qu’un quart de la nourriture produite actuellement est basée sur une étude du Département américain de l’agriculture montrant que tout le fumier des Etats-unis ne pourrait couvrir qu’un quart des besoins en engrais du pays – même si l’agriculture biologique ne dépend pas que du fumier.

Ces arguments sont contredits par des recherches poussées. Par exemple, une étude récente menée par des scientifiques de l’Institut de recherche pour l’agriculture biologique en Suisse a montré que les fermes biologiques avaient un rendement inférieur de seulement 20% aux fermes conventionnelles sur une période de 21 ans. En passant en revue plus de 200 études menées aux Etats-Unis et en Europe, Per Pinstrup Andersen (professeur à Cornell et gagnant du World Food Prize) et ses collègues sont arrivés à la conclusion que le rendement de l’agriculture biologique arrive environ à 80% du rendement de l’agriculture conventionnelle. Beaucoup d’études montrent une différence encore moins marquée.

(…)

Dominique Guillet, sur son site www.liberterre.fr nous le confirme avec la présentation d’un rapport de la FAO, qui affirme également que l’agriculture biologique peut nourrir tout le monde:

La FAO vient d’annoncer officiellement, lors de son dernier congrès, en début mai 2007, que l’Agriculture Biologique peut nourrir toute la planète!

Selon la FAO, non seulement l’Agriculture Biologique peut-elle nourrir la planète entière mais, en plus, sans impact sur l’environnement et en limitant considérablement la problématique du réchauffement climatique.

(…)

De deux choses l’une:

1. Ou la direction de la FAO a perdu complètement la tête et ses experts ont succombé à une crise de passéisme aigu ou bien ont été soudoyés par une puissance occulte qui cherche à détruire les fondements de la société occidentale, moderne, progressiste et civilisée.

Dans ce cas, il semble extrêmement urgent que les états membres cessent immédiatement de financer cette institution internationale dont les ramifications s’étendent sur toute la planète et qui risquent de déstabiliser le monde civilisé.

En effet, la FAO, ou Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, est une organisation représentant 189 États membres (plus la Communauté Européenne): elle est financée par les contributions de ses membres et elle emploie 3600 personnes sur toute la planète.

2. Ou bien la FAO a totalement raison.

(…)

Alors que faire ?

Vous pouvez imprimer cet article et le faire passer à la ronde, et surtout vous pouvez choisir d’acheter ce qui est le mieux pour vous-même, vos familles, et pour la Terre, tant que nous avons encore le choix. Vous pouvez rester informés grâce aux nombreux sites et blogs, vous pouvez proposer des actions et des idées autour de chez vous. Vous pouvez inscrire vos commentaires à la suite de ce billet, vous pouvez si vous en connaissez, apporter à notre connaissance d’autres sources d’informations qui vous semblent pertinentes et essentielles.

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